Le 11/07/1993 à Spa en Belgique*

« Merci à vous tous d’être venus m’écouter chanter, ça me touche infiniment…
Je me dois de vous dire quelque chose parce que moi je suis pour dire la vérité, toujours.
On a eu une tuile, on a eu un gros pépin, c’est à dire que pour des raisons qui sont absolument indépendantes de la volonté de toutes les personnes qui ont organisé cette fête, et indépendantes de ma volonté… pour des raisons qui sont de la responsabilité des gens qui se prétendent mes producteurs, et qui n’ont pas daigné prendre le soin de vérifier que tout soit en ordre pour que mes techniciens, mes musiciens et mon matériel technique puissent être avec moi ce soir pour vous présenter mon spectacle… comme ils se sont pas donnés la peine de faire ça pour des raisons qui les regardent et dont on débattra devant les tribunaux, aujourd’hui je suis devant vous sans mes musiciens et sans mon matériel ».


~ Intro “Chanson sépia”

(Il commence à peine la chanson, qu’il se cogne fort à une enceinte).
« Hey ben, dites donc, on va les compter les chansons parce que si ça commence comme ça… Bon, quand vous voyez que je vais me cogner dans un truc, vous criez très fort… »


(Un homme lui offre à boire et lui demande une chanson pour sa fille).


~ Intro “Reste avec moi”

« Alors, tu m’as demandé, pour ta fille Barbara "Reste avec moi"… Hey, on a dit qu’on faisait comme à la maison, ok… si vous voulez une chanson, vous la demandez… on fait comme ça, ok…
C’est vrai que, aujourd’hui dans le monde dans lequel on vit, avec tous ces médias, tous ces moyens, toutes ces technologies… on finit par oublier que la chanson avant tout c’est… des paroles sur une mélodie… des gens qui se les disent, qui se les chantent, qui se les murmurent à l’oreille pour se dire des mots d’amour…
Que, y’a très longtemps, y’a 800 ans ou plus, y’avait des gens qui s’appelaient des troubadours et qui allaient de château en château, simplement avec leur luth…
À cette époque-là, y’avait pas de micro… y’avait tous ces mots et toutes ces mélodies qu’on se disaient les uns aux autres pour oublier que la vie est difficile mais que parfois on peut s’aimer…
Et c’est vrai que ici à Spa, on a su peut-être plus longtemps et peut-être avant les autres… j’me rappelle de cette époque où y’avait ce merveilleux festival de chansons françaises… et j’me dis qu’aujourd’hui, je pense à tous ces gens qui sont nés de ce festival et qui l’ont peut-être oublié mais je me dis qu’ils ont eu bien de la chance de venir chanter à Spa… et moi aujourd’hui, j’ai bien de la chance de venir chanter à Spa… »


~ Intro “Habanera”

« Alors toi, tu m’avais demandé "Habanera"… alors faut que j’vous explique "Habanera" ce que c’est…
C’est un rythme de mon pays, mon pays à moi c’est l’Amérique du Sud… et "Habanera" ça veut dire "fille de la Havane"… "fille de la Havane"… et ça veut dire aussi un rythme qu’on entend souvent à la Havane et qui fait un peu comme ça au piano, regardez…
Et, je sais pas si t’es déjà allé à Cuba… mais Cuba c’est l’endroit où y’a les plus beaux couchers d’soleil du monde… tu sais, t’as l’impression que le ciel a la couleur du parfum que tu respires… un parfum, à la fois violet, rose, ambre et bleu… et, quand tu fermes les yeux, même les yeux fermés tu vois encore les couleurs du soleil qui se couche… ou qui se lève… ou qui brille au plus haut du ciel…
Le temps est doux, jamais trop chaud… la température de l’eau est comme le temps… quand tu rentres dans l’eau ou quand tu sors de l’eau, tu as l’impression que c’est toujours l’air… la brise qui caresse tes joues…
Et, tu sors un de ces fameux cigares que là-bas les filles roulent sur leur cuisse… parce que, les cigares de la Havane ils sont roulés sur la cuisse des filles… et tu le fumes en te disant que tu fumes cette fille là-bas que tu as vu se jeter dans la mer comme on se jète dans l’amour…
Et là… tu rentres dans un bar, où y’a un vieux pianiste noir qui joue sur un vieux piano déglingué… et tu entends des mélodies qui font comme ça par exemple… »


~ Intro “L’homme qui ne fait pas de peine”

« Attends… juste le son de ma guitare parce que j’ai pas pu faire de balance… c’est Pierre Martin qui m’a prêté sa guitare… on remercie Pierre Martin, on l’applaudit très fort…
Il faudrait que tu me montes la guitare un peu plus fort dans les retours s’il te plait…
Hey on a dit qu’on faisait comme à la maison… normalement dans un spectacle, ça ça arrive pas parce que c’est préparé avant… alors on fait : "Very superstitious, writing’s on the wall, Very superstitious, ladders bout’to fall"…
Bon, la guitare c’est bien, la voix faut la monter plus fort maintenant…
On fait comme ça pour les balances en général, on chante les chansons des autres comme ça on massacre pas les siennes… ah c’est un vieux truc de chanteur, c’est Stevie Wonder qui me l’a appris…
Plus fort la voix encore dans les retours, monte, monte, monte…
D’habitude pendant les balances, on laisse pas rentrer le public… en plus du spectacle qui n’est pas un spectacle ordinaire, vous allez voir une balance…
Un peu plus de réverb, elle est dans les médiums la fréquence qui accroche… monte, monte…
Na na na na na na…… »


~ Intro “À l’enfant”

« Quoi ? quoi ?… À l’enfant ?… d’accord… »


~ Intro “T’es marron”

« Ça c’est l’histoire d’une fille qui avait envie de vivre comme elle avait envie… c’est dur pour une femme… plus dur pour une femme que pour un homme… »


~ Intro “Mélissandre”

« Hey, elle est pas mal ta guitare Pierrot… c’est Pierre Gérard qui me l’a prêtée, heu Pierre Martin… na na na na na na na na na na… qui c’est qui s’rappelle de celle-là : mon amour a les yeux noisette… »


* Transcription : Stellie.