MÈRE PATRIE, PLANÈTE MÈRE

- de Francis LALANNE
- © 2008, Éditions Pascal Petiot
Il faut vivre avec les saisons, laisser le temps à la nature de s’accomplir en liaison avec sa prime architecture. Il faut se nourrir en conscience, et rendre au monde l’aliment ; accorder les arts et les sciences aux lois de l’environnement.
L’humain dans sa chair et son sang à 99 % possède le même ADN que le riz, l’arbre et le gorille ; mais depuis que le soleil brille aux portes du jardin d’Éden, de l’autre côté de la grille où sa chaîne aux autres s’enchaîne, l’humain est le seul qui gaspille plus de sang qu’il n’a dans les veines, le seul qui ravage et qui pille son propre bien ses propres gènes, le seul qui vit en surrégime sans bornes ni ménagement et qui, détruisant tout s’abîme, sans le vouloir évidemment.
Si Moïse s’en retournait sur la montagne famélique, je voudrais aujourd’hui qu’il n’ait à transmettre les lois bibliques, à tous, que celles de la table dit-on qui se serait brisée, et dont la chute regrettable aurait le monde ainsi lésé. Quelle aurait pu être vraiment la liste des commandements rayés ainsi de la mémoire humaine et du divin grimoire. N’aurait-on pu y voir aussi figurer ces paroles-ci, sur une rime, au nom du Père que Dieu s’exprime envers un père.
Sur les cycles du temps tu t’aligneras
Ton métabolisme tu respecteras
Tu suivras ton rythme et te ménageras
Local et de saison tu te nourriras
Ta consommation de chair tu réduiras
L’inerte et le vivant tu honoreras
Et dans le ferment tu les sépareras
Tu dégraderas et tu recycleras
L’air, l’eau, la terre tu préserveras
L’énergie fossile tu éviteras
L’énergie solaire tu préfèreras
Tout au monde autant que toi tu chériras.
Peut-être qu’en lisant ceci, l’humanité aurait dès lors continué à vivre ainsi et adoré moins le veau d’or. Peut-être n’est-il pas trop tard pour vivre de bonne façon et de Moïse et son retard enfin retenir la leçon.
Le monde a payé la rançon de cette mémoire effacée, faute commise ne laissons pas sa faute recommencer. Si Dieu a créé l’être humain c’est pour que l’être humain le crée, ou Dieu n’est rien à l’examen rien qu’une expression consacrée.
L’homme est pris lui qui croyait prendre dans l’illusion de ce qu’il est, pris dans l’impossible à comprendre comme un poisson dans le filet. L’être dans le miroir sans tain où il projette son image, se demande qui du destin, qui d’un dieu scrute son visage, il ne sait plus s’il est humain, et si son âme est recyclable, où s’il n’existe qu’en sous-main comme un produit biodégradable, si le cœur qui bat sous la peau n’est bon qu’à faire du compost, à quoi servent les ralliements, les valeurs, les grands sentiments, si ce n’est à tirer profit du mieux que l’on peut de la vie.
Et pourquoi ne pas faire fi de ce qui tient l’âme asservie aux lois, aux règles, aux coutumes ? S’il n’y a pas de vie posthume alors pourquoi donc investir plus que l’envie de s’en sortir ?
Peut-être pour ceux qui vont naître. Parce que dans tout ce néant, l’idée de leur bonheur pénètre ce que nous sommes vu d’ailleurs, on peut se dire en le créant que le monde sera meilleur pour nos enfants, et ressentir ce bonheur par procuration, se nourrir de cette émotion jusqu’à pouvoir la convertir en bien-être de chaque instant, que l’on soit ou non pour autant de passage sur cette terre, on est l’heureux dépositaire à son tour de cette jouissance, tel est ce bonheur en puissance jouir de pouvoir donner un sens à une vie qui n’en a pas, en tant que maman, que papa, en tant que frère, ami, amant, se rendre très humainement heureux un peu plus chaque jour d’éprouver ce dérèglement de l’âme que l’on nomme l’amour.
Qu’importe alors d’être mortel si vivre est se mettre martel en tête, c’est pour éprouver cette émotion, pour y trouver l’éternité dont fait mention Rimbaud dans son plus beau poème, celle que l’on sent quand on aime.
Peu importe qui nous aimons car c’est pour lui que nous semons, frères humains, la bonne graine et c’est pour lui que nous irons afin d’éviter la gangrène, trancher le mal que nous ferons.
Il faut croire au bonheur suprême d’aimer et d’y être incité, croire en l’homme, parce qu’il est, il faut croire en l’humanité.
SKIZOGRAMMES, PANTOUMS

- de Francis LALANNE
- © 2006, Éditions Bibliophane
“Skizogrammes, Pantoums” de Francis Lalanne est en fait composé de 3 livres “Chutes”, “La mante et la coriandre”, “Courants d’âme” composés en quelques 13 années de travail sur le pantoum. Une forme que Francis connaît bien puisqu’il est également le directeur littéraire de la collection “Architecture du verbe” aux Éditions Les Belles Lettres, au sein de laquelle, il a publié “La Lune et les Étoiles” de François-Pierre Daillie (Pantoum Malais) et “Échelles et Papillons” (+ réédition de l’unique “Pantoun des Pantoun” de René Dhil) de Jacques Jouet (Pantoum occidental). Il apporte avec ce livre, un nouvel éclairage sur le pantoum, forme poétique vivante par excellence “Le Pantoum est une forme ludique et surtout très vivante, très actuelle… Après les rappeurs, les slammeurs, voici venu le temps des pantoumeurs… Vous verrez !”.
Aimer les mots et leur sens, les cultiver avec précision comme le travail d’un jardinier. Francis Lalanne est ce paysan des mots qui bine, qui greffe, qui soigne, retire les scories, les fleurs et les fruits trop facilement poussés et qui fatiguent l’arbre.
C’est toute la poésie de Francis Lalanne. Et on se surprend de faire de ses mots siens. De ses formules amoureuses, celles qu’on a regretté de ne pas dire. Amoureux fou de la poésie, chercheur d’or du temps, l’auteur est de ceux, avec ses longs cheveux noirs et ses yeux qui interrogent, pour reprendre une phrase de Paul Eluard, qui vous appellent avec lui: «Et quand tu n’es pas là, je rêve que je rêve, je rêve que je dors.»
Daniel Radford
DRAC. OU LE SOLILOQUE DU VAMPIRE

- de Francis LALANNE
- © 2003, Éditions Les Belles Lettres
“J’avais l’envie de vous parler,
De vous indiquer en silence
Un lieu du vide entre nos cris.
Vous ignorez ce que j’écris,
Ce dont j’essaie de vous parler ;
Au tournoi brisant mes six lances
Avec l’autre je qui s’y lance,
J’avais l’envie de vous parler…”
IN GIRUM IMUS NOCTE
Plus d’un millier de vers octosyllabiques évoquant tour à tour avec lyrisme, cynisme, violence ou humour la figure de l’écrivain et ses rapports avec un amour ici considéré comme substance vitale, métaphoriquement semblable à ce qu’est le sang pour le célèbre comte transsylvanien.
Un troubadour désincarné : “l’homme infâme” s’adresse aux femmes et à la page blanche sous formes de stances tantôt obscènes, tantôt plus apaisées sous la contrainte d’une forme fixe à la fois tyrannique et libératrice.
LE PETIT LIVRE DE L’ENFANT

- de Francis LALANNE et Stella SULAK
- © 2000, Éditions du Rocher
Une mini-préface à ce mini-livre pour les parents qui ne veulent pas oublier que l’enfance est cette saison unique qui dure toute la vie. Pour reconnaître que les enfants ne sont jamais les tyrans que l’on croit apercevoir certains jours de grande fatigue. Pour se rappeler que faire d’un enfant un enfant roi c’est l’écraser sous le poids d’une couronne qu’il n’a ni conquise ni recherchée.
Ce mini-livre aussi pour remercier nos trois filles Éa, Hélia et Séléna de nous apprendre chaque jour un peu plus, sur elles, sur l’enfance, sur l’amour, sur la vie, sur le monde… Pour les remercier de nous garder en éveil quels que soient les difficultés, la fatigue ou l’ennui. Pour les remercier aussi de nous rappeler sans cesse que nous ne sommes qu’un guide amoureux et faillible.
Ce mini-livre parce que lorsque l’on accepte de recevoir un enfant, il nous donne bien plus que n’importe qui d’autre, aucune barrière n’a encore fermé son esprit, tout est possible, toutes les questions et toutes les réponses existent sans détour, dans l’amour, la liberté, la confiance absolue.
Merci à tous les enfants de la Terre parce que grâce à eux le monde a encore une chance de grandir.
Francis & Stella
MON CINÉMA DANS UN FAUTEUIL
- de Jean DELANNOY
- Préface de Francis Lalanne
- © 2000, Éditions du Rocher
La réalisation d’un film exige que l’on commence par l’écrire. J’ai assumé cette double servitude une cinquantaine de fois au cours de ma longue carrière. Mais l’âge de la retraite étant largement dépassé, je me suis aperçu que j’avais laissé de côté plusieurs scénarios de qualité. Alors, j’en ai fait des nouvelles, en espérant qu’elles plairont au public et même à d’éventuels cinéastes susceptibles de reprendre le flambeau… En 1934, Alfred de Musset, qui était incertain sur l’avenir théâtral de son "Lorenzaccio", en publia le texte sous le titre "Un spectacle dans un fauteuil". J’ai repris à mon compte ce "générique" pour mes cinq nouvelles qui sont, selon le mot de Marcel Pagnol, à la fois "des films que l’on peut lire et des livres que l’on peut voir".
Jean Delannoy
A PAGLIA È U FOCU - LA PAILLE ET LE FEU

- de Patrizia Gattaceca
- Traduit du corse par Francis Lalanne
- © 2000, Éditions Les Belles Lettres
Tract d’amour où prose et vers alternent, La Paille et le Feu conte la geste du guerrier Alcore et d’Oza, qui, de la vie à la mort, de la mort à la vie, accordent leurs essences et gagnent le ciel comme cendre de paille et fumée de feu.
Dans ce récit à la fois épique et lyrique, la langue corse s’exprime pour la première fois par les formes poétiques fixes : rondeau, pantoum, villanelle…, tous les schémas de rime traditionnels qui ont résisté à la corrosion des siècles s’y trouvent représentés, prouvant que le classicisme n’est pas le contraire de la modernité mais un passeport pour l’éternité.
Cette édition bilingue de La Paille et le Feu est aussi un dialogue ; l’union entre deux cultures où se rejoignent la langue corse de Patrizia Gattaceca et la langue française de Francis Lalanne.
ÉLIADE OU L’IDÉALE

- Épigrammes amoureuses de Francis LALANNE
- © 1999, Éditions Les Belles Lettres
Quand je te vois je crois que c’est un rêve,
Mais dans le rêve, était-ce vraiment toi ?
Car je ne sais trop si vraiment je rêve
Puisque mon rêve n’est fait que de toi !
Quand je te vois je crois que c’est un rêve ;
Et, dans ce rêve où je ne vois que toi,
Je ne sais plus lorsque je viens à toi
Si tu es vraie ou si tu es un rêve…
Ainsi soit-il de ce rêve de toi
Car c’est par lui que ma vie est un rêve
Quand je te vois…
D’AMOUR ET DE MOTS

- Poèmes de Francis LALANNE
- Illustrations de Francis LALANNE père
- © 1997, Éditions Les Belles Lettres
“Je te regarde et je t’aime
Pourtant je ne sens plus
Ce que je sais de cet amour tapi
Dans notre ombre comme un chat”
Avec D’Amour et de Mots, Francis Lalanne nous confie, à travers les multiples formes que prennent ses poèmes, tout à la fois son regard sur les êtres aimés, sur la ville et sur le monde, sur ce que sont des yeux de désir qui s’éclairent en face de vous. Accompagné d’illustrations en couleur du père de Francis Lalanne, ce livre a le ton d’une douce confidence d’amoureux. Comme Toulet, dans la lumière d’une chandelle, il semble dire “parle tout bas, si c’est d’amour”.
LE JOURNAL DE JOSEPH

- de Francis LALANNE
- © 1995, Éditions du Rocher
“15 août, Fête de l’Assomption de la Vierge Marie ;
Le jour se lève ; l’azur est plein de nuées roses ;
Mes joues sont tachées de larmes ;
Les dernières pages de mon livre aussi.
Joseph est mort.
Je cherche un dernier signe ;
Signe que je n’ai pas rêvé tout ce que j’ai écrit.
J’habite une maison qui donne sur la Seine.
Je m’asseois sur le quai jouxtant le fleuve au bas de mon jardin.
Je regarde le ciel et ses reflets sur l’onde.
Une péniche traverse mes yeux lentement jusqu’à son nom :
« l’Archange »…”
L’auteur, Francis Joseph Lalanne, nous fait entrer par la magie de son verbe dans la merveilleuse histoire de Marie et de l’enfant Jésus. Oser une telle entreprise et la réussir n’a pu être que le fruit d’une communion d’âme entre l’auteur et Joseph lui-même…
LES CARNETS DE LUCIFER

- de Francis LALANNE
- © 1994, Éditions Les Belles Lettres
« … cette hydre qui vibre en moi, qui brûle et ronge mon tissage, dévore mes entrailles quand je n’écris pas ; qui lorsque j’écris devient un arbre dont je suis le fruit, distille au fond de moi cette sève au pluriel qui me relie à l’univers en circulant dans les deux sens comme dans les veines d’un pommier ; dans les vaisseaux d’un dragon ; dans les artères de l’absurde aux confins de l’ailleurs…
La première fois que j’ai trempé la plume dans ma pensée, c’était dans un flacon d’encre rouge. N’ayant jamais vu d’encre, je crus que c’était du sang. Dans ma frayeur, je renversai le tout sur la page blanche de ma chemise. Appels au secourse folle vers ma mère. Elle, muette et blanche, en me voyant ; « Maman ! Je me suis fait bobo ? » Si blanche… Puis, découvrant qu’il n’y a là que matière à lessive, elle brise sa peur d’un rire soulagé. Depuis, je fais ce rêve étrange d’une femme qui pleure et rit en même temps, paralysée sur sa couche ; et moi… »
Francis Lalanne
Francis Lalanne, célèbre en tant que chanteur et auteurcompositeur, est aussi comédien, producteur de films, clown et jongleur, souffleur de verre et, par-dessus tout, poète et écrivain.
Depuis toujours, il écrit, note, compose, dessine. Tous les jours, il se confie à son carnet secret.
Lambeaux de vie, émotions, sentiments, sensations, plaisirs, passion, jeux, jeu d’acteur ou de musicien, sur scène ou en studio, rencontres amitiés, Léo Ferré, Rimbaud, le public, les femmes, la mer…
Puisant dans l’immense matériau de cette vie déjà si riche et créative, il a rassemblé des textes intimes, denses, crus, sensibles, sur des expériences décisives.
Ce "montage" révèle le film de la vie et les arcanes de l’imaginaire d’un artiste absolu. Il est sous-tendu par le mythe éternel de l’ange déchu, Lucifer : l’autre Moi. L’hyper-conscience de la chute, de la perte de l’Eden originel, dont l’artiste est le vecteur, l’oblige à creuser un tunnel, qui lui permettra de retrouver la lumière des premiers jours.
La composition de l’ouvrage, assez complexe et symbolique, s’apparente à la structure en hélice ou en spirale de la sextine. Son écriture est dense, magnétique. À la prose se mêlent quelques poèmes, des calligrammes ou des palindromes tels qu’on en trouve dans le Roman d’Arcanie.
Il émane de cette oeuvre, baroque et scintillante comme une pierre précieuse, une extraordinaire émotion.
FRANCIS LALANNE

- Biographie de Dominique LACOUT
- © 1993, Éditions du Rocher
Méfiez-vous de Francis Lalanne ! Il est dangereux … dangereusement intelligent, dangereusement cultivé, dangereusement doué, dangereusement passionné, dangereusement séduisant, dangereusement sensible, dangereusement excessif, dangereusement différent des « artistes » que l’on croise dans les coulisses du show-biz. Un personnage qu’on ne peut enfermer dans l’une des multiples facettes de ses dons : auteur, compositeur, chanteur, acteur, sculpteur, marin, poète, écrivain, jongleur, clown, souffleur de verre…
Francis Lalanne est tout cela à la fois et plus encore. Une star authentique dont les chansons sont sur toutes les lèvres, et qui accumule les disques d’or. Un être humain généreux et rebelle. Un des derniers hommes libres. Voici enfin, saisi par Dominique Lacout dans sa complexité et dans sa vérité, Francis Lalanne le magicien.
LES POÈMES D’AMOUR LES PLUS TENDRES
Des troubadours à Verlaines Pour Elle, Pour Lui, Pour L’Enfant

- Choisis & Présentés par Francis LALANNE
- © 1993, Éditions Les Belles Lettres
~ Les Mots et Vous ~
“Sans vous les mots ne sont plus que du papier
Mais il m’en faut pour vous dire je t’aime ;
Si j’en écris les vers sur ce cahier
C’est que sans vous je ne suis qu’un poème…
Pour que d’espoir vos regards les parsèment
Combien de mots me faudra-t-il copier ?
Je ne récolte jamais ce qu’ils sèment ;
Sans vous les mots ne sont plus que du papier…
Et tant je veux vos rêves recopier
Pour que les miens leur exposent le thème,
Qu’en vain mes mots tombent dans leur guêpier ;
Mais il m’en faut pour vous dire je t’aime…
Pardonnez-moi de n’être point abstème
De tous ces « moins que demain plus qu’hier » !
Et faisant leur votre nom de baptême,
Si j’en écris les vers sur ce cahier !
Car si mes vers en venant vous épier,
Vont tel l’oiseau volant à la bohème
Mes mots d’amour à votre âme pépier,
C’est que sans vous je ne suis qu’un poème !
Sans vous les mots ne sont que l’encrier
Qui m’enténèbre entre moi et moi-même ;
Où je retiens mon envie de crier
Que d’être moi je ne suis plus à même
Sans Toi.”
Je souhaite que ce livre vous donne la joie de vivre avec les poètes comme avec des amis. Amis connus de longue date, que l’on prend toujours plaisir à retrouver, où amis nés d’une nouvelle rencontre, inconnus hier et qui vous séduisent à leur premier vers.
À vos amours…
Francis Lalanne
Francis Lalanne a choisi dans sa bibliothèque les poèmes d’amour les plus beaux, ceux qu’il relit sans cesse avec un plaisir renouvelé. Et si la poésie est bien la forme souveraine d’expression de l’amour, c’est dans la tendresse que celui-ci trouve son plein épanouissement. C’est donc ce thème qui a guidé son choix.
Il a tenu, par le soin apporté à la présentation et à la conception graphique (typographie deux couleurs, frontispices, papier conquéror, reliure toile etc.), à faire de ce précieux recueil un livre ou le plaisir de lire rejoigne celui d’offrir.
LE ROMAN D’ARCANIE

- de Francis LALANNE
- © 1993, Éditions Les Belles Lettres
“D’un baiser sur ton nom je t’éveille ! Arcanie !
Comme sortant de l’eau, ton âme m’apparaît…
Vibrante sous ton voile de cérémonie,
Je me penche vers toi ; découvrant ton portrait…
Comme sortant de l’eau, ton âme m’apparaît…
Ton visage est troublé… d’une grâce infinie…
Je me penche vers toi ; découvrant ton portrait
Je bénis mon amour à cette heure bénie…
Ton visage est, troublé, d’une grâce infinie…
Dans mes yeux ton regard au sommeil se soustrait…
Je bénis mon amour à cette heure bénie
Pour m’avoir révélé de ton nom chaque trait…
Dans mes yeux ton regard au sommeil se soustrait.
Mais notre être en vibrant avec Dieu communie…
Pour m’avoir de ton cœur révélé chaque trait,
D’un baiser sur ton nom je t’éveille ! Arcanie !
Le roman d’Arcanie : le roman de l’Amour.”
Le livre personnalise le mythe féminin, l’idéal de l’être aimé: Vénus ou Eurydice. L’homme est enceint de la femme idéale qu’il attend.
Il accouche d’elle, son amour est délivré, lorsqu’il la trouve enfin.
Cette oeuvre, unique par son originalité et sa force, est un roman poétique composé de 366 pièces de vers, autant que l’année peut compter de jours, car Francis Lalanne ose estimer nécessaire et suffisante la lecture d’un seul poème par jour. Toutes les formes poétiques classiques sont ici représentées, du monostique (vers unique) à l’hymne (une centaine de vers), en passant par le sonnet, le rondeau etc. Ces 366 pièces de vers, parfaitement agencées, composent la trame cohérente d’un récit s’articulant autour des quatre saisons, symbolisées par quatre pierres précieuses.
Le roman révèle les différentes phases des états d’âme amoureux, depuis l’amour malheureux jusqu’à l’apothéose de l’amour fusionnel. Plus qu’un roman d’amour, Le Roman d’Arcanie est véritablement le roman de l’amour.
Le parti-pris audacieux d’utiliser l’ensemble des formes d’expression poétique sert magnifiquement l’ampleur du thème. Le lecteur pénètre l’univers magique et souverain de la poésie, expression éternelle de l’amour.
AJEDHORA

- Roman de Francis LALANNE
- © 1986, Éditions Flammarion
De la distraction à la réflexion, il faut plus que de la distance.
Il faut suivre un parcours, il faut accomplir un voyage.
De la Terre à la lointaine Ajedhora, le cheminement se fait progressivement d’année-lumière en idée flash, à travers les méandres du cosmos et de la pensée.
Rêver ou réalité, tout est possible dans un livre, même le choc de tous les mondes en un seul bloc, en un seul roc : choc de l’action et de l’analyse, du conte et de la philosophie, de la lettre et de l’esprit, rivages où s’échouent des sensibilités contraires, des valeurs contradictoires.
L’utopie est un indésirable « Pourquoi pas » flanqué d’un provisoire point d’interrogation.
Aus confins de l’utopie et du baroque, Ajedhora est un livre rock.
Francis Lalanne