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Durée totale : 47:29


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« Sans Papiers », Pas Sans Talent

Avec ses faiblesses béantes et son arsenal démesuré d’énergie, d’élans, d’enthousiasmes, de colères, de métiers, Lalanne parvient à être attachant. Chez lui, on distingue à l’œil nu les cicatrices, les battements de cœur, les impatiences. Son nouveau disque, "Sans papiers", ruisselle de bons sentiments, flamboie d’orgueil, explose d’impudeur. Il l’a sorti le 1er janvier 2000, posant là "un acte politique". Pour résumer, publier un disque un jour férié, c’est réaffirmer son pouvoir sur le temps, contre les décrets du tout-puissant marché.
Ce nouvel album montre encore Lalanne dans ses postures de Lalanne : rimeur prolixe qui se veut poète, poète qui se veut guerrier, militant de sa propre cause qui croit défendre l’homme entier et ne fait que dénuder un peu plus son cœur à chaque combat. Un vieil enfant blessé que les ruptures apaisent, un homme qui ne peut se hisser au-dessus de sa condition qu’en se rêvant chevalier.

Onze chansons et un élan : "Sans papiers" semble avoir l’envol pour ambition.
Que Lalanne écrive comme Barbra Streisand chante (Lady L), qu’il navigue dans les parages de Goldman (Comme tu le sens) ou pratique un hard rock manière Scorpions (Le désir), c’est toujours pour échapper à la pesanteur. Quand il étape à Cuba (Guajira 2000), il baisse à peine les bras, et ne les referme sur une étreinte qu’avec À mon père.
Lalanne chante avec cette voix éraillée qui semble naître au plus profond du ventre. En sentiment, pas en douceur..

Emmanuel SEPCHAT