Synopsis

Inspirée de l’histoire de Florence au temps des Médicis et de chroniques florentines authentiques, l’intrigue met en scène Lorenzo, jeune cousin du duc régnant Alexandre de Médicis.
Personnage débauché et lâche, Lorenzaccio médite en secret l’assassinat d’Alexandre, pour libérer sa patrie dans l’espoir de voir naître la république. Pour ce faire, il renonce à son honneur et à sa réputation : il s’insinue dans les bonnes grâces du tyran et se met au service de ses caprices. Lorenzo imagine qu'en abattant Alexandre il fournira au parti national et républicain de Toscane l'occasion de libérer la cité. Lorenzo de Médicis s'appelle avec mépris Lorenzaccio. Mais le geste de Lorenzaccio, n’a d’autre effet que de faire basculer le pouvoir aux mains d’autres tyrans, et n’entraîne aucun changement politique. Honni, calomnié, le jeune homme voit sa tête mise à prix.


Présentation

La pièce ressuscite cette Florence du XVIème, les vices d'Alexandre, l'avidité des marchands, l'indignation du peuple, la conjuration des grandes familles. Réflexion amère et cruelle sur la lâcheté humaine. Une transposition limpide des sentiments de l’auteur sur la révolution ratée de Juillet 1830. L’imaginaire mussetien de Lorenzaccio, prisonnier du masque de vice par lequel il comptait s’élever à la vertu d’un acte héroïque, est sans doute une des figures les plus marquantes sur l’ingratitude, la lâcheté et le manque de prise de position de l’homme face à lui même...
Cette célèbre pièce de théâtre a été écrite par Alfred de Musset. Il y décrit un héros tragique, Lorenzo, affrontant la fatalité du destin. Il faut attendre 1896 pour voir la première représentation du drame, au théâtre de la Renaissance, dans une adaptation qui redistribue l'action en six actes. Lorenzaccio y est incarné par Sarah Bernhardt. Par la suite, le rôle fut repris par Marguerite Jamois avant d'être interprété par Gérard Philipe, au festival d'Avignon.
Lorenzaccio est un des chefs-d’œuvre du théâtre romantique, tant par la complexité de sa structure que par le caractère exceptionnel du personnage principal.


Mise en scène

Aujourd'hui, Stéphane Gildas, tout en respectant le théâtre contemporain, s'en empare, et présente un spectacle extraordinairement mûri et très abouti. Le texte admirable de Musset trouve une incarnation exemplaire dans les cœurs et les corps palpitants des acteurs. Spectacle aussi vivant que réaliste, douleurs, passions, sentiments, "ce Lorenzaccio" explore avec finesse et sensibilité les méandres d'un chef-d’œuvre que l'on sait difficile. L'écoute est facile et captivante, tel un scénario dont les méandres se resserrent au fil des scènes. On sent les acteurs pénétrés de leurs personnages... Ce spectacle a une couleur, un esprit, une tonalité tout en nuance et en force, on en oublie la complexité du dénouement.
Mettre en scène Lorenzaccio est un redoutable privilège qui appelle une réflexion sur l’humanité, sur l’égalité des hommes, et sur l’équité face à Dieu ou la justice. Une analyse devant laquelle on demeure longtemps songeur, avant de s'y lancer. Une aventure humaniste. Musset nous adresse à tous, encore aujourd'hui, une série d'avertissements, et nous tend des miroirs, pour regarder nos erreurs passées, et ces mêmes miroirs, pour nous rappeler que nous sommes et demeurons notre pire ennemi, si nous n’essayons pas de transformer nos consciences, si nous voulons bâtir un monde où les peuples et les nations seraient enfin libre, et en paix.
La Florence imaginaire de Musset ressemble en bien des points à la France des années 1830, telle qu'il l'a vécue : cet étalement de la corruption du pouvoir, ce sentiment d'étouffement de la jeunesse qui nous rejoint au 21ème siècle. C'est à l'avenir et aux hommes éclairés et de bonnes volontés qu'il prétend s’adresser.
Réputé injouable, ce « spectacle dans un fauteuil » a longtemps découragé les dramaturges, aussi bien par son écriture déroutante que par ses audaces idéologiques. Aussi, Lorenzaccio, avec ses trente-huit scènes, ses changements constants de décor, sa foule de personnages et de figurants n'a guère trouvé preneur sur la scène du XIX ème siècle. Rejet du drame bourgeois.
Dans celui-ci, Stéphane Gildas reconstitue l’ambiance par des décors symbolisés par trois colonnes représentant l'évolution de l'homme. Costumes, conçus, dans le ton des trois couleurs fondamentales de la vie ; le blanc, le rouge, et le noir… Lumières, nous rapprochant de la réalité, tout en respectant le 16ème siècle. Musique, dont les thèmes ont été expressément composés pour Lorenzaccio, peut-être pour la première fois au théâtre, du cinémascope en authentique.
Le metteur Stéphane Gildas, ayant l’habitude de diriger des spectacles comprenant des distributions d’acteurs imposantes ("Les fielleux", "Le dernier vampire", "Barouf à Chioggia", etc...), manifeste son plaisir et son émotion de pouvoir mettre ce chantier en action avec des acteurs aussi perfectionnistes et talentueux avec des parcours tant différents que lumineux.